Peindre, pour moi, c’est donner chair aux émotions et aux luttes.
Chaque toile est une rencontre avec un corps, une histoire, une révolte ou une tendresse.
J'explore le féminin, la vulnérabilité, la colère sourde et la liberté à reconquérir.
Mes peintures ne cherchent pas à plaire, mais à dire.
À montrer ce qu’on cache, à faire exister ce qu’on voudrait taire.
Faux pas
Cette série explore des états de bascule : moments où le corps, l’esprit ou l’identité cessent de répondre aux injonctions sociales.
À travers des scènes domestiques, l’intime devient un espace politique : lit, porte, intérieur, seuil sont autant de lieux où se rejouent le contrôle, le regard, le masque social et l’épuisement.
Les figures représentées ne sont ni héroïques ni spectaculaires. Elles sont fatiguées, immobiles, en tension. Animaux, objets et espaces agissent comme des présences silencieuses, révélant des formes de domination diffuses : relationnelles, sociales, normatives.
La peinture s’attache moins à raconter qu’à faire ressentir : ce qui pèse, ce qui enferme, ce qui fait vaciller — et ce qui reste, malgré tout.
Sous les draps
Une figure allongée, protégée en apparence, mais enfermée dans un espace mental saturé.
Le lit devient un refuge ambigu : lieu de repos autant que de répétition compulsive, de surveillance intériorisée et de relations toxiques qui persistent hors champ. L’intime n’est plus un abri, mais un terrain de tension.
Sur le seuil
Le corps est arrêté dans un entre-deux. Ni dehors, ni dedans.
Le seuil matérialise l’hésitation, la peur du passage, l’emprise qui retient. Le brouillard envahit l’espace comme une métaphore de la confusion et de la perte de contrôle. Le mouvement est suspendu.
A l’intérieur
Une fois la porte franchie, le masque tombe.
Le corps s’effondre, vidé par l’effort social. L’intérieur devient un lieu de relâchement brutal, où la fatigue n’a plus besoin d’être cachée. Le regard extérieur disparaît, mais la charge demeure.
Pancartes
Ces œuvres sont des slogans en colère.
Inspirées par l’énergie brute des pancartes de manif, elles transforment les murs en terrains de lutte. C’est frontal, parfois inconfortable, mais toujours sincère.
Je veux que ces peintures provoquent une réaction — un rire nerveux, une prise de conscience, une sensation dans le ventre.
Qu’on les voie, qu’on les lise, qu’on s’en souvienne.
angle morts
Cette série est née d’un geste simple : ne pas supprimer les photos “ratées”. Celles prises par erreur, celles qui nous montrent sous un angle qu’on fuit.
Camille transforme ces images rejetées en portraits peints, assumés, soignés. En refusant les filtres, elle célèbre l’existence brute. Double menton, expression absurde, bourrelet, surprise, moue figée : rien n’est adouci, rien n’est dégradé.
Ce travail questionne les normes de représentation, la mémoire des corps, le droit à l’imperfection et l’obsession du contrôle de son image.
C’est un projet d’amour tordu, mais réel.
Histoire avec un “L”